06.04.2009
Des hauts et des bas sous la bombe de Jef Aérosol
Il touche à sa première bombe de peinture alors que le mouvement du Street Art n’a pas encore émergé. A découvrir à la galerie Raison d’Art, les nouvelles toiles du Lillois Jef Aérosol sont la preuve d’une nouvelle période pour l’artiste : grandeur nature, les pochoirs détonent !
Les personnages bondissent, plongent ou lévitent. Des corps s’élancent et d’autres semblent coincés dans la toile. Chez Raison d’art, le Lillois Jef Aérosol, issu du Street art et déjà très connu pour son côté rock’n’roll, dévoile ici une nouvelle facette artistique. Originaire de Nantes, le quarantenaire ne cesse d’étonner par son coup de bombe. Le premier contact avec celle-ci date de 1982, cela fait déjà plus de 25 ans que l’artiste appose ses talents sur les murs et les amoureux de son style ne s’en lasse pas. Fan de l’imagerie punk, avec un mélange de Pop Art et de musique, l’univers de son art du pochoir change considérablement chez Raison d’Art.
A la différence de l’exposition de l’année dernière à la galerie Storme à Lille où l’artiste avait débordé de la toile pour s’exprimer sur les murs de la galerie, chez Raison d’art, Jef Aérosol reste sage. Mais ici, son style prend un chemin différent. Loin de ses inspirations des icones pop rock, l’artiste décline une série d’œuvre sur le thème « des hauts et des bas ». « Pour cette exposition j’ai quitté toute référence à la musique, aux stars, à l’actu. J’ai voulu que ça soit intemporel. » Entre chaque œuvre l’unité du thème est incontestable et la qualité artistique aussi. Son inspiration est partie d’un premier pochoir réalisé à New York à la Toussait 2OO8 : un homme qui marche sur la main. Chez Raison d’Art, les personnages grandeur nature sont sur la toile, identiques à ceux que l’on retrouve sur les murs des villes. Les fonds des toiles, finement travaillés, laissent apparaître une texture retranscrivant celles des murs urbains. Le côté brut avec l’ajout de graff’. En opposition à la réalisation du personnage en pochoir qui nécessite l’éloignement de la bombe aérosol, pour les fonds l’artiste entre en contact avec la toile. «Là, j’y vais avec la main. Je frotte, je balance des grands coups de peinture. Il y a un rapport plus sensuel et physique. » Une charte de couleur naturelle se dévoile ici : de l’ocre, du rouille et de la couleur terre. Dans ses périodes précédentes, les couleurs flashys dominaient. D’habitude à ras des trottoirs, voilà ses pochoirs qui prennent une dimension verticale, à voir aussi bien d’un sens comme d’un autre. Un doute ? Jef Aérosol signe toujours d’une flèche rouge, on ne peut pas s’y tromper.
Infos pratique
➢ Exposition visible jusqu’au 18 avril. Galerie Raison d’art, ouvert du jeudi au samedi de 14h à 19h. Tel. O3 2O 31 55 7O. 153 bis avenue de la Liberté.
➢ www.raisondart.com
11:53 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jef aérosol, galerie rasion d'art, exposition, lille
22.03.2009
Galerie Schèmes : quand la com’ rencontre les artistes
Stéphane Nau, consultant en communication, a décidé de fêter les dix ans de son cabinet d’une façon originale : réunir autour d’un projet artistique des étudiants en communication, des professionnels et des artistes qui ont travailler autour de dix thèmes pour promouvoir les métiers de la com’.
Dans un coin de la galerie Schèmes, des blocs de résine assemblés avec des petits personnages à l’intérieur. L’idée de transparence de l’entreprise y est suggérée. Juste à côté, une mosaïque sur le thème de la communication créatrice de lien avec un travail artistique réalisé grâce à une simple photocopieuse, objet incontournable des entreprises. Dix thèmes sont ainsi illustrés et pour chacun un artiste différent et des supports variés. Ainsi, Stéphane Nau, consultant en communication, fête les dix ans de son cabinet de façon artistique avec « 1O ans 1O idées » et ajoute que « le but est de promouvoir les métiers de la communication en évoquant les différents thèmes du changement des entreprises comme l’intégration des jeunes mais aussi le développement durable ». Et justement pour le développement durable, c’est le peintre lillois Pierre Palero qui s’y colle. Une œuvre nommée Cascade faite de trois toiles et de récup’. Des morceaux de chaise pour bébé, un vieux velux et de la toile publicitaire. « Je récupère tout et donne une nouvelle vie aux poubelles ! » On y retrouve les valeurs refuges de l’artiste : la lune, l’eau et le soleil. Sur les dix artistes présentés, sept sont lillois, réunis grâce aux étudiants de l’Institut des stratégies et techniques de communication qui ont pilotés l’ensemble du projet.
Mimi le clown : l’accroc du pochoir
L’association du monde de la communication et de celui des artistes est réussie et malgré les thèmes fixes, la liberté artistique n’est pas altérée pour autant. Au contraire. Miguel Donvez, alias Mimi le Clown s’est pris au jeu en présentant sa toile Connecting clowns. Un as du pochoir, l’artiste égaye de son coup de bombe aérosol les rues de Lille, mais sur toile, son travail est tout aussi sensationnel. A la galerie Schèmes, c’est au slogan du géant de la com’ qu’il fait référence. « Connecter » les êtres humains par les moyens de communications modernes. Une peinture qui se veut militante et désinvolte avec pour seules armes ses pochoirs et ses bombes aérosol. « On y voit le mot peace dans toutes les langues. Je l’ai réalisé pendant les attaques en Palestine… » Finalement l’artiste fait ce qui lui plait et ce n’est pas Miguel Donvez qui dira le contraire. Le petit message présentant son œuvre fait référence à une conférence du philosophe français Gilles Deleuze « L’œuvre d’art n’a rien à faire avec la communication.» A méditer…
>Info service :
Exposition visible jusque mercredi 25. De 11h à 19h, fermé le lundi. Tel. 03 20 54 37 07. 27 rue de l’Hôpital Militaire.
19:41 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lille, pierre palero, mimi the clown, galerie schèmes
12.03.2009
Ca déménage en terrasses…
La ville se métamorphose pour accueillir les festivités de Lille 3000, samedi. Et du côté de Rihour, Grand’place et de la place du théâtre, les transformations ont aussi débuté. Objectif : aucune terrasse à l’horizon pour la grande parade.
Place Rihour, les clients sont rares à boire leur café en terrasses. Depuis mercredi, ça déménage en terrasses. « On est super speed ! » Serge Guermonprez, gérant de l’entreprise éponyme monte d’habitude des volets et des stores. Mais jusque vendredi, ses équipes sont mobilisées pour le démontage des terrasses situées à deux pas du métro Rihour, mais aussi celles de la place du théâtre et de la Grand’place. Samedi tout doit être dégagé pour des raisons de sécurité lors de l’ouverture des festivités de Lille XXL. Pour l’entreprise Guermonprez, ce sont 70% des terrasses qu’il faut enlever, alors on s’active. « Il faut quatre personnes pour démonter une terrasse en une journée », précise le professionnel.
Tournevis à la main, perché sur des échelles, les ouvriers ont envahi le paysage et du côté des cafetiers et restaurateurs, le moral n’est pas toujours au beau fixe. « On subit », peste le gérant d’Häagen-Dazs. Les ouvriers s’attèleront au démontage de sa terrasse vendredi. Avec 16 places à l’intérieur pour 30 dehors, la perte d’argent est considérable. « Ca me coûte 3000 euros pour démonter et remonter et sur le week-end j’estime perdre plus de 4000 euros…ça représente un tiers de mon chiffre d’affaire annuel. » Si certains sortent les mouchoirs, d’autres relativisent. « Ca reste un coût important dans une période pas très facile, explique François-Xavier Bernard, directeur du Flore. Mais avec 240 places à l’intérieur ça ne nous pénalise pas trop. » Un doute subsiste. « Mais pourquoi là ? Lors de la braderie, il y a aussi beaucoup de monde… » Et si au départ la Mairie avait fixé la possibilité de remonter les terrasses dès le début de semaine, l’incertitude gagne les commerçants. « Un courrier reçu mercredi ne stipule plus la question du remontage… », souligne un commerçant. Du côté des entrepreneurs, Serge Guermonprez s’interroge aussi. « On ne sait pas quand on va pouvoir reposer les terrasses, un appel d’offre a été déposé pour l’uniformisation de la rue… »
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